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Mise à jour : 18/12/2004
 

Mes lectures

 

NOVALIS de Hans Weiffenbach

NOVALIS, Fidèle d'Amour

 

Hans Weiffenbach

 

(ULYSSE Éditions)

 

Traduction : Gabrielle Justin

L'AUTEUR

    Biographie : Hans Weiffenbach est né à Trèves (Allemagne), en 1949. Ancien professeur de philosophie (Bonn), il publie son premier ouvrage consacré à Pétrarque en 1989. Depuis, il a publié plusieurs biographies, essais et recueils de poèmes. Novalis, fidèle d'Amour est son neuvième livre. Il est également à l'origine de quelques traductions en allemand d'auteurs français et italiens. Il est membre de l'Académie européenne de poésie, du PEN-centre allemand, et de la société Humboldt. Il vit actuellement en Allemagne du Sud comme écrivain et collaborateur au Süddeutschen Rundfunk.

    Bibliographie :
     Francesco Petrarca (1989)
     Anthologie de la poésie allemande (1991)
     Dante Alighieri : Biografie (1992)
     Poèmes en prose (1993)
     Le courant romantique en Allemagne (1995)
     Du pauvre Bertholt Brecht… (1998)
     Christian Friedrich Hebbel, Requiem (2000)
     Hölderlin, poète des dieux nouveaux (2002)

LE LIVRE

    Résumé : Novalis, de son vrai nom Friedrich von Hardenberg, naquit le 2 mai 1772 à Oberwiederstedt, en Saxe, au sein d'une famille noble et ancienne, gagnée au piétisme, et dont Novalis était le nom latin. Novalis, aîné de onze enfants, fut d'abord éduqué chez ses parents par des précepteurs ; la solitude favorisa le penchant rêveur de son tempérament. Par la suite, cet esprit curieux de tout fit tout à la fois des études de droit, de sciences, d'histoire et de philosophie à Iéna, où il eut Schiller comme professeur et où il se lia d'amitié avec Fichte et Friedrich Schlegel. Il poursuivit ses études à Leipzig puis à Wittenberg, se destinant d'abord à la carrière d'ingénieur, mais il entra finalement dans l'administration en 1794. La même année, il tomba amoureux de Sophie von Kühn, jeune fille de treize ans, qui mourut dès 1797 à la suite d'une longue et grave maladie. Après cet épisode, le poète perdit définitivement le goût de vivre. Il se réfugia plus que jamais dans son amour de Dieu, avec une ferveur moins chrétienne que panthéiste. En 1798, il tenta finalement de choisir la vie, et se fiança avec Julie von Charpentier, qui lui inspira le personnage de Cyane dans Henri d'Ofterdingen. Novalis mourut de phtisie le 25 mars 1801.

    Commmentaires : Dans cette biographie très complète et richement illustrée de Novalis, Hans Weiffenbach insiste particulièrement sur les rapports entretenus par le poète allemand avec la Fidélité d'Amour, l'organisation initiatique du Moyen-Age qui perdurerait encore de nos jours, plus ou moins secrètement et sous différentes appelations. L'auteur compare notamment l'initiation de Novalis à celle de Dante, fidèle d'Amour notoire.
    Dans la relation qui unit Dante et Béatrice, l'Amour est considéré comme le maître de Dante et Béatrice, la bien-aimée du poète italien, en vertu de la ressemblance qui existe entre elle et l'Amour. Tout le mystère de la Fidélité d'Amour tient dans cette relation. Entre Dante et Béatrice demeure la même relation amoureuse, tandis qu'entre Dante et l'Amour, il existe une relation de maître à disciple. Entre Béatrice et l'Amour se place la ressemblance qui signifie, pour reprendre un mot de Novalis, que Béatrice est « l'enveloppe corporelle » de l'Amour. La même relation se rencontre justement chez Novalis au moment de la mort de sa fiancée, Sophie. Il n'y a pas rupture de l'amour humain, mais, au contraire, cet amour humain atteint alors sa plénitude. C'est ainsi que la « mort » de la bien-aimée – qui est symétrique de la mort initiatique du fidèle d'Amour – constitue la première étape de la Fidélité d'Amour que l'on désigne sous le nom d'étape initiatique, où Amour devient le maître (ou le pôle) terrestre de l'initié.
    Dans cette biographie, Hans Weiffenbach nous montre que Novalis appartient au petit nombre de ceux « qui savent le mystère de l'Amour », pour reprendre ses propres termes, et qui ont traduit leur vocation dans des œuvres secrètes, le plus souvent poétiques. Ces quelques uns, qu'ils soient poètes ou théosophes, peuvent être appelés fidèles d'Amour, en relation avec leur vocation qui est « Foi et Amour » (lire ci-dessous) ou adeptes, ayant atteint cet Orient majeur qui est l'Orient de l'âme.

    LE CERCLE "FOI ET AMOUR"

    Le Cercle "Foi et Amour" s'adresse à ceux qui entretiennent avec l'oeuvre du poète romantique allemand Novalis une relation qui excède l'admiration purement littéraire que l'on peut éprouver pour elle.
    Ce Cercle est d'ordre initiatique, mais il n'est pas une société secrète, ni une loge. Il comporte à son tour plusieurs "cercles" qui tiennent aux différents degrés de réalisation de ses membres, en rapport avec l'enseignement, dans le secret du coeur, que le destin singulier de Friedrich von Hardenberg ne cesse de transmettre à ceux qui demeurent dans l'intimité de son oeuvre.
    Voici ce qui justifie l'appartenance à ce Cercle !
    Déjà son destin lumineux a constitué, depuis deux siècles, un appel à s'engager sur "le chemin mystérieux qui va vers l'intérieur", et son oeuvre a provoqué pour certains le désir d'une authentique connaissance de soi. Mais, c'est essentiellement de l'intimité de l'amour qu'il est question ici :
    « Un petit nombre seulement / Sait le mystère de l'amour / Éprouve l'insatisfaction / Et la soif éternelle. »

    Dans cette intimité de l'amour pour son oeuvre et pour lui-même, quelques uns sont devenus en effet des Fidèles d'Amour, et s'ils partagent la même affiliation secrète à l'Ordre de Foi et Amour, c'est le plus souvent dans la solitude du coeur.
    C'est à eux que s'adresse le Cercle "Foi et Amour".
    Le Cercle "Foi et Amour" rassemble par conséquent, dans une même communauté, le petit nombre de ceux qui ont été initiés à la Fidélité d'Amour par l'oeuvre ou la personne de NOVALIS, et que l'on peut nommer des Fidèles d'Amour, qu'ils soient ou non parvenus à cet état qui forme le terme de leur désir :
    « La vie parfaite est le ciel »

    C'est, enfin, avec infiniment de discrétion que les membres de Cercle correspondent entre eux à travers une Lettre mensuelle : « Nombre de choses sont trop délicates pour qu'on les pense ; un beaucoup plus grand nombre encore pour qu'on en parle. »

    (Source : jm.saliege.com)

EN SAVOIR PLUS :

Par Didier Roy